16 septembre 2013

9月13日 「鉄の女」というけれど Arrêtons d'appeler nos dirigeantes «dames de fer», c'est ridicule!

Le vendredi 13 septembre 2013
6時、快晴、2440%12時には26℃。
13日金曜日かぁ。僕にとって幸か不幸か悪い日なんだ。気をつけよう。

社会的に出世した女性を「鉄の女」とよくいう。メディアが特に好んで女性に冠するタイトルである。逆にビル・ゲイツやオバマに対して「鉄の男」とはいわない。ここに女性を特別視する偏見があると下記の記事では主張されている。
91日セネガルで首相に女性が選ばれたとき、こぞってアミナタ・トゥレ氏を「鉄の女dame de fer」と呼んだ。
古くはスリランカのバンダナライケ首相、イスラエルのゴルダ・メイア首相などの女性首相が活躍した。メイアは男扱いされていた。しかし、何といっても英国のサッチャー首相がその政策とあいまって「鉄の女」と云われ、彼女以降大統領や首相になった女性はみんな「鉄の女」になってしまった。リベリアのサーリーフEllen Johnson Sirleafもしかり。彼女などは政策的に妥協に妥協を重ねており、「強い女」のイメージからは遠い。マラウィの女性大統領ジョイス・バンダ氏も「鉄の女」。
これらの呼び方は男たち(ジャーナリスト)がそう呼びたいからであって、女性ジャーナリストからすれば、男たちの勝手な命名と映るのである。
僕もそう思うが、しかし、女性が強くなったといわれる日本でみれば、女性首相が出てくる芽は殆どない。大臣に女性が選ばれても長続きしない。日本ほど「マッチョ」な世界はいまや欧米社会でも珍しい。政治だけではない。実業界でも女性社長がいない。日本人は女性の苦労物語が好きである。たとえば、戦前、戦中、戦後を逞しく生き延び、ファッション界で花開く。学校を創設する。画業で成功する。しかしながら、男と同じように就職し普通に、たとえば三菱商事の社長になった女性はいない。何故か。その一因は男の嫉妬である。日本の嫉妬社会でまともに戦うには、女性は「鉄の女」である必要があるのだ。
「鉄の女たちよ、男たちを蹴散らせ」と僕は応援したい。
セネガルの首相アミナタ・トゥレ氏と
フランスの法務大臣クリスティーヌ・トビラ氏
トゥレ氏も首相就任前は法務大臣だった
Arrêtons d'appeler nos dirigeantes «dames de fer», c'est ridicule!
On ne dit jamais d'un homme politique qu'il est de fer. Alors pourquoi le dire de nos dirigeantes?
Partout dans le monde, beaucoup reste à faire pour mettre un terme aux inégalités et aux discriminations dont souffrent les femmes dans de nombreux domaines. Dans certaines régions, l’accès égal des femmes à l’éducation ou au monde du travail demeure un véritable parcours de la combattante.

Conséquence, lorsqu’une femme accède à des responsabilités, quelles qu’elles soient et dans quelque domaine que ce soit, l’on a vite fait de lui attribuer le qualificatif de «dame de fer», un peu comme s’il fallait forcément qu’elle ait de la «poigne» pour diriger une entreprise ou une quelconque institution.

Cela a encore été abondamment le cas, le 1er septembre dernier, lorsque Aminata Touré a été nommée Premier ministre au Sénégal. Tout le monde a usé et abusé de l’épithète de «dame de fer» pour parler d'elle (ce que l’on faisait d’ailleurs déjà lorsqu’elle occupait le poste régalien de ministre de la Justice, dans le précédent gouvernement).

Les femmes sont si peu nombreuses aux affaires que lorsqu’il y en a une qui y accède, elle est forcément une «dame de fer». On l’a dit de toutes celles qui, un jour, en sont venues à présider aux destinées de leur pays.

Les premières que l’on affubla de cet affreux surnom (on l’oublie souvent) furent la Sri lankaise Sirimavo Bandanaraike (plusieurs fois Premier ministre) et Golda Meir, Premier ministre de l’Etat d’Israël, de 1969 à 1974. En raison de sa fermeté (dû à son tempérament, au contexte de l’époque qui le nécessitait et, peut-être aussi, parce qu’elle n’avait pas d’autre choix au milieu de la horde d’hommes à qui elle devait commander), Golda Meir avait même été surnommée «le meilleur homme du gouvernement».

Bien, évidemment, celle à travers qui ce qualificatif fut popularisé fut Margaret Thatcher. Depuis lors, toutes les dirigeantes politiques sont «de fer».

Tenez donc! Lorsque la libérienne Ellen Johnson Sirleaf devient en 2006, la toute première Africaine à être élue chef de l’Etat, elle est aussitôt devenue une «dame de fer». Pourtant, cette économiste n’a rien d’une bagarreuse et sa gestion du pays est d’une certaine tiédeur.

Joyce Banda au Malawi n’y échappe pas non plus, même si depuis avril 2012 où elle a succédé à Bingu Wa Mutharika à la tête du Malawi, elle s’est surtout faite remarquer par des actions d’éclat comme la revente de l’avion présidentiel. Bref, tout se passait dans les têtes des hommes comme si, lorsqu'une femme devait diriger, elle se désincarnait totalement, au point de ne devenir que du fer. Comme c'est étrange!

Imaginez-vous qualifier un homme chef d’entreprise «homme de fer», par exemple? Non, ce serait ridicule. Pourtant, ça l’est tout autant, sinon plus, d’estimer qu’une femme est «de fer» quand elle est la boss. C’est à la limite une insulte.

A Madagascar, ils ont trouvé une parade. Là-bas, on ne dit pas «dame de fer», mais «Ranavolona», du nom d’une ancienne reine malgache réputée pour sa fermeté et son manque de clémence. Mais, tenez-vous bien, le surnom est tout aussi péjoratif, plein de mépris. Parce que l’on suppose que toute femme qui s’efforce de faire correctement son boulot au milieu d’une faune de mecs souvent frustrés et aigris, manque obligatoirement de clémence et fait montre d’autoritarisme... En gros, la Ranavolona et la dame de fer, c’est la même chose, mais en pire. N’importe quoi!


Raoul Mbog

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