12 février 2014

2月12日 仏米の蜜月 Hollande aux USA: l'Afrique au cœur de la nouvelle idylle franco-américaine

Le mercredi 12 février 2014
6時、雨、22℃、70%。

NHK Worldの「Tokyo Eye」という番組で戸越銀座を紹介していた。今の戸越銀座は戦前から続く大衆的な八百屋もあれば、洒落たパン屋もある。そこに通称ケチオ君(ケイイチという名前を「ケチオ」としかアルジェリア人が発音出来なかった)が2階建てのアパートに奥さんと息子ルネ君、アガサちゃんと住んでいた。僕の第1回アルジェリア時代の仲間だ。癌のため40代でこの友人を亡くした。19937月の話だ。僕はルガノ(スイス)にいて彼の訃報を知ったのは半年以上も経ってからだった。彼の名前を思い出そうとしている。平松敬一君だ。彼の家族をご存知の方、連絡して欲しい。

7時、ネットの接続が悪い。遅い、遅い。

フランスは伝統的にアメリカと仲が悪い。特にド・ゴール以降顕著であった。仲がわるいというより、言い換えれば「独立独歩」の外交を好んだのである。
ところが、オランド社会党政権になって米国に急接近した。今、オランド大統領がワシントンを訪問している。オバマ大統領もオランド大統領を「熱烈歓迎」である。
何故か。シリア問題では、フランスは米国に先駆けてシリア空爆をあと一歩でするところだった。ロシアが化学兵器の存在を認めさせ査察および破壊をシリアに承諾させていなければダマスカス空爆をしていたろう。リビアではカダフィ攻撃を積極的に展開した。イラクやアフガニスタンでのアメリカの軍事行動に批判的だったフランスとはまるで違っている。
さらにフランスは去年マリに派兵、今年は中央アフリカ共和国RCAに軍隊を送っている。これらフランスの行動がアメリカを喜ばせている。
米仏ともに紛争の政治的解決を云うが、現実は軍事的行動が前面に出てくる。軍事的に優位にたってから政治的解決を狙う作戦と僕は考えている。
東西対立の時代が去って、米国の一人勝ちというよりは、経済的にも政治的にもあるいは軍事的にも世界が多極化(米国、ロシア、中国、インド、EU、ブラジル等)して米国の力が相対的に弱くなったのも仏米を近づけた要因であろう。
マリにせよ、RCAにせよ、それらの国から要請があったにせよ、先ずはアフリカにおけるフランスの利益、権益を守るために軍事行動を起こしたのである。しかし、同時にアメリカの利益(たとえばアルカイダの弱体化)をも守っていることになる。オバマ大統領亜がフランスをメ・ザミmes amisと呼ぶわけである。
フランス経済はなかなか浮上しない。失業者は増えるばかりである。経済的にフランスはアフリカを必要としている。フランスが景気を立て直す鍵はアフリカにあると僕は確信している。米仏の蜜月はしばらく続きそうだ。
オランド仏大統領とオバマ米大統領
オランドは今回SFにも行く
ビジネスマンになることが要請されている
フランスのインテリ層の評判を落しても
Hollande aux USA: l'Afrique au cœur de la nouvelle idylle franco-américaine
Français et Américains semblent avancer main dans la main, en vue de sauvegarder leurs intérêts stratégiques vitaux en Afrique.
De nos jours, en dépit des malentendus et des préjugés traditionnels, en dépit de divergences souvent extrêmes, la France et les Etats-Unis ont approfondi leur entente, leur amitié. Et c’est pour accentuer davantage cette entente que le président français, François Hollande, effectue une visite d’Etat de trois jours aux Etats-Unis.

Soulignons qu’il s’agit là d’un évènement diplomatique majeur, étant donné que c’est la première du genre d’un chef d’Etat français aux Etats-Unis en 18 ans. Depuis longtemps, dans la politique française, il n’est pas bon d’apparaître comme «l’homme des Américains».

En France, «l’antiaméricanisme» a toujours été et reste l’opium d’une frange importante des élites intellectuelles, politiques ainsi que de l’opinion française. C’est une tradition qui remonte au général De Gaulle, un homme d’Etat farouchement épris d’indépendance et de grandeur nationales, et qui a toujours redouté l’hégémonie et la domination américaines.

Une idylle pragmatique
On se souvient de son opposition constante et ferme à l’Otan au moment où certains de ses plus proches collaborateurs l’incitaient à faire intégrer la France dans «la communauté atlantique». Et ce qu’on a appelé le gaullisme, s’est forgé en opposition à la puissance américaine aux plans militaire, économique, diplomatique et politique.

Quant à la gauche française, par tradition idéologique, et ce, depuis Jaurès, Blum, Mitterrand, elle a toujours nourri un complexe psychologique à l’égard de ce que Hubert Védrine a justement nommé, « l’hyperpuissance américaine ».

Mais, avec cette visite d’Etat du président Hollande, on peut dire que ce temps n’est plus: l’âge d’un monde multipolaire, de la guerre économique, de la lutte antiterroriste s’est ouvert. Et c’est sur le continent africain que Français et Américains, malgré leurs différences, semblent avancer main dans la main vers le même but: stabiliser cette région du monde, en vue de sauvegarder leurs intérêts stratégiques vitaux.

En vérité, le fondement de l’idylle franco-américaine en Afrique n’est plus idéologique, mais pragmatique: efficacité d’abord. Face aux multiples crises qui secouent le continent africain, notamment dans le domaine sécuritaire au sein de la bande sahélo-saharienne, la France et les Etats-Unis sont conscients que ni l’un ni l’autre ne sauraient vaincre seul le terrorisme. De surcroît, à l’heure actuelle, ces deux grandes démocraties mondiales sont confrontées à de graves difficultés économiques et financières intérieures.

Au Mali, en RCA, on constate que l’engagement de la France de Hollande est loin d’être partagé par les autres partenaires européens. Au fond, avec l’Afrique, l’Europe n’arrive pas à parler d’une seule voix. Par conséquent, Hollande a besoin de redynamiser «l’alliance franco-américaine» pour mieux affronter les nouveaux périls qui menacent les intérêts français sur le continent africain. Ici, Américains et Français ont choisi de s’adapter à la nouvelle réalité géostratégique, géoéconomique du continent, pour mieux contrer le «bloc asiatique» (Chine, Inde, Japon).

Parce qu’elle entretient des liens historiques et culturels multiséculaires avec bon nombre de pays africains, la France tente de reconquérir ses positions économiques perdues. On a souvent tort de ridiculiser la prétention de la France de redevenir une grande puissance. Au fond, bien qu’affaiblie, elle n’y a jamais renoncé. Et pour atteindre cet objectif stratégique, l’Afrique reste, pour elle, une carte maîtresse.

Quant aux Etats-Unis, même s’ils paraissent discrets, leur engagement sur le continent africain est réel. Certes, contrairement à la France, on ne peut pas, au sujet des Etats-Unis, parler d’«une politique africaine».

Hollande et Obama ne peuvent ignorer que sur le continent africain, la racine de l’instabilité des Etats et des sociétés est essentiellement politique

Le sommet de Washington en ligne de mire
Mais avec la fin de la guerre froide, les Américains ont vite compris que la véritable puissance des Etats n’est plus militaire, mais surtout économique et culturelle. C’est sous cet angle qu’il faut commencer à saisir toute la portée du futur sommet d’août à Washington, entre les Etats-Unis et la quasi-totalité des Etats africains. On a beaucoup reproché au président Obama une certaine indifférence diplomatique envers le continent noir dont son père est issu. A mi-mandat, il a décidé de mettre l’Afrique à l’honneur dans le cadre d’une nouvelle ambition américaine au plan mondial.

Cela dit, au cœur de cette idylle franco-américaine, les présidents Hollande et Obama ne peuvent ignorer que sur le continent africain, la racine de l’instabilité des Etats et des sociétés est essentiellement politique. En août prochain, à Washington, les sociétés civiles africaines, les démocrates du continent attendent du président Obama un discours de vérité et de fermeté envers certains dirigeants. Car il existe encore en Afrique, un mythe napoléonien tenace qui empêche toute avancée démocratique réelle sur le continent africain.

En 1847, l’auteur de ce mythe, Louis-Napoléon écrivait ces lignes célèbres:

«Dans toutes mes aventures, j’ai été dirigé par un principe. Je crois que de temps en temps des hommes sont créés, que j’appellerai providentiels, dans les mains desquelles les destinées de leur pays sont remises. Je crois être moi-même un de ces hommes. Si je me trompe, je peux périr inutilement. Si j’ai raison, la Providence me mettra en état de remplir ma mission.»


Tant qu’une telle conception de l’Histoire et du pouvoir continuera à prédominer, à coup de slogans et de propagande sur le continent, l’idylle franco-américaine risque fort ici, de se briser. Au-delà de cette idylle, espérons qu’avec cette visite de Hollande, les peuples africains assoiffés de liberté, de démocratie, de paix et de justice sociale, assisteront, enfin à «une synthèse féconde» entre intérêts français et américains sur leur continent. Jusque-là, beaucoup d’engagements internationaux envers l’Afrique n’ont pas été tenus, ouvrant ici une ère de désillusions complète. Quiconque, en France et aux Etats-Unis, méconnaît cette réalité, risque de compromettre le bel avenir des politiques de coopération franco-africaine, et américano-africaine. En attendant, économiquement, stratégiquement, la coopération entre la France, les Etats-Unis et l’Afrique ne s’improvise pas.

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